Nos morts refont surface aujourd’hui 8 janvier 2020, jour du 10e anniversaire de la fusillade de Cabinda contre les Eperviers du Togo. Les âmes d’Amélété Abalo et de Stan Ocloo ne trouvent pas le repos éternel, parce que le Togo les maintient au purgatoire de la damnation et de l’oubli.

Ces damnés du football togolais fauchés par les balles meurtrières des éléments du FLEC, que leur pays et le monde du ballon rond s’époumonent vainement à ensevelir comme des dépouilles de bêtes sauvages, sans sépulcres et sans honneurs posthumes comme on en voit dans les Etats  dignes de ce nom, ces Républiques des valeurs qui savent s’incliner devant la mémoire de leurs ambassadeurs tombés sous la bannière de la nation.

Juste un hommage national, le 15 janvier 2010 au palais des congrès de Lomé. En plus de quelques millions débloqués dont les vautours se sont arrachés leur part avant de céder le reste aux parents des victimes. Et puis, plus rien. C’est le silence de cimetière. Et les années passent sans que personne s’en souvienne, seules les familles endeuillées continuent de porter le deuil. C’est le silence de cathédrale.

Les enquêtes sont gelées parce que les avocats rasent les murs et fuient leurs clients, alors que les coupables et les parties prenantes du drame sont connus. La Fédération togolaise de football et le ministère des sports s’en lavent les mains à la Ponce Pilate, les joueurs rescapés de l’attentat, sclérosés par le choc psychologique ont pris le large, la CAF et la FIFA se terrent dans un mutisme coupable. Et la Présidence de la République passe le chiffon, le plancher est débarrassé, affaire classée. Hélas !

Le triste 10e anniversaire de l’attentat de Cabinda exhume ses morts, et les mémoires de Stan Ocloo et d’Amélété Abalo reviennent comme pour hanter la période électorale, au moment où Faure Gnassingbé annonce sa candidature pour les élections présidentielles.  Faut-il se taire sur ce drame et avancer comme si de rien n’était ?

Une chose est certaine, le peuple en garde encore les traumatismes, et nos futurs héros, au comble de la déception, s’en inspirent pour se détourner de leur Nation, ingrate et funeste vis-à-vis de ses vaillants fils.

David Cudjoe Amekudzi

Crédit photo : afriquefoot.rfi.fr

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