Sortir le Togo de l’impasse politique qu’il traverse depuis des décennies ; le remettre sur la voie de la démocratie pure, celle qui ne laisse pas le peuple à la merci des autorités pour le brimer et l’oppresser, voter des lois contre son intérêt. Des stratégies concrètes pour éliminer tous ces maux dont souffre le Togo et les autres pays d’Afrique, pouvons-nous découvrir dans Mon rêve pour ma Patrie. Un essai de 42 pages écrit par Abbé Flomarik, de son vrai nom Florent Marie Ata Messan Koumako, publié aux Editions Ecovie et dédicacé à Lomé, le 20 janvier 2020.

La Terre de nos aïeux a assez souffert, dans un contexte prédominé par l’exercice continue de la force sur la population. Les abus de pouvoir du gouvernement et ses corollaires sont légitimés sous le regard impuissant du peuple, représenté par des élus qui poursuivent plutôt des « intérêts mesquins ». N’est-il pas légitime de rêver comme Martin Luther King d’un monde nouveau ? Le peuple togolais aspire à un vrai changement. Et Florent Koumako, n’a fait que dire tout haut, ce que la majorité des populations pense tout bas. D’ailleurs, jouit-elle de son droit à l’expression ? L’auteur de Mon rêve pour ma Patrie a osé. Il propose, dans son œuvre, une rénovation de l’appareil de l’Etat, pour qu’il devienne plus « démocratique et plus utile ».

Dr Thomas Akato, présentateur du livre à l’occasion de la dédicace

Loin d’être « un potentiel concurrent politique », le jeune prête Abbé Flomarik n’a fait que son devoir d’écrivain. Car, comme le défend Victor Hugo, la mission d’un écrivain est d’éclairer le peuple. Observateur avisé de la scène sociopolitique du Togo, il partage « les douleurs et les malheurs » du peuple dont-il est issus. « Les tribulations et les gémissements perpétuels de la nation », l’interpellent. Alors il décide, à travers son essai, de montrer au peuple la voie du salut, des pistes claires pour sortir des longues crises sociopolitiques qui perdurent des années durant. Cela devrait passer par une société politique libérée des griffes de la corruption, du favoritisme, du blanchiment d’argent, du détournement, et de l’envie de s’éterniser au pouvoir, balayant du revers de la main, la constitution de tout un pays. C’est là le rêve de l’auteur : d’une part, la renaissance d’un nouveau Etat, axé sur le modèle du contrat social, prôné par ROUSSEAU et qui ne cautionne ni la tyrannie des puissants, ni leur imposture ; d’autre part, l’accès de la population à l’alimentation, à la santé et à l’éducation. Il s’agit également de libérer le pays de certains gouvernements occidentaux qui, par des actes « ignobles », le maintiennent dans le statu quo.

Au-delà du rêve

Florent Koumako, l’auteur de Mon rêve pour ma Patrie, n’est pas qu’un simple rêveur. Il l’aurait bien compris : un rêve sans action demeure un rêve. Dans son ouvrage, il décline son rêve en 33 points. Mais en réalité, nous pouvons le considérer comme étant des recommandations indirectes qu’il adresse aux uns et aux autres. Car il emploi par moment, l’impératif, mode utilisé pour exprimer un ordre, un conseil, une prière, une recommandation à réaliser dans un futur proche ou lointain. Les propositions de l’écrivain pour un Togo libre et démocratique, prennent en compte les différents domaines de la nation, « allant des institutions aux administrations, services et secteurs clés de la vie sociopolitique, éducationnelle, intellectuelle, culturelle, professionnelle et économique ».

L’auteur rêve d’une gestion transparente des affaires publique obligeant, président, ministres et toutes les autres autorités à rendre, périodiquement, compte au peuple de l’avancée des projets pour lesquels ils travaillent. Sur le plan de l’éducation et de la formation, il propose « une profonde réforme des programmes scolaires en vue de préparer des citoyens entreprenants, pragmatiques et honnêtes, fiers et dignes du continent et de leur pays ». Le pays doit passer « d’une armée tribalisée à une armée véritablement républicaine », rêve-t-il.

Public présent à la dédicace de « Mon rêve pour ma Patrie » à Lomé

Dans la même logique, il passe au peigne fin tous les secteurs avec des propositions concrètes visant à construire un pays nouveau, basé sur des valeurs fortes, notamment la recherche de l’intérêt général qui veut que la souveraineté et les lois soient l’expression de la volonté générale. Dans cette marche vers un monde meilleur, le peuple ne devra pas rester passif. Il doit être impliqué à toutes les étapes, afin de se sentir maître de sa destinée. Comme le souligne le préfacier de l’essai, « ce qui est sûr et plus certain comme le lever du jour, c’est que le règne de la sauvagerie et de l’arbitraire passera ».

Elisée Rassan

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