Elles sont nombreuses ces togolaises qui ont recours à la dépigmentation volontaire pour éclaircir la teinte naturelle de leur peau. La dépigmentation peut être plus ou moins importante selon les personnes. Sikavi s’est inscrite dans ce que nous pourrons appeler une ‘dépigmentation modérée’.

Tout est parti d’une poussée d’acné sur le beau visage de la jeune femme. Elle a commencé par utiliser ces produits parce que l’acné avait laissé des tâches puis le visage étant lumineux, le reste a suivi « Moi à la base ce n’est pas pour me dépigmenter. C’est pour les boutons mais les gens ont commencé par me dire : ‘ton teint brille hein et c’est bien joli’. Et j’ai continué par m’approvisionner. » raconte Sikavi.

De faux produits bio

« Au départ la fille qui me fait les mélanges à Lomé me parlait de produit bio : carotte, huile rouge, Aloe vera, et j’ai même une amie au Maroc qui était intéressée par le rendu sur ma peau et je l’ai mis en relation avec la jeune fille. »

La dame qui prépare les produits n’a pas été honnête avec Sikavi : « C’est après ça que j’ai compris qu’elle utilisait des produits chimiques et que c’était du leurre mais c’était trop tard. J’aimais beaucoup le résultat sur ma peau. »

Les personnes qui changent la teinte naturelle de leur peau ne souhaitent pas l’on s’aperçoive que la peau a connu des retouches : « Quand je me maquille ça ne se remarque pas puisque j’utilise toujours mon fond de teint, mais quand je suis sans make-up, cela se remarque » explique la jeune dame.

Difficile de faire marche arrière

« Je cherche à arrêter mais c’est plus fort que moi. » se confie Sikavi.  « Je n’utilise pas de pommade ; que du savon du gommage au miel curcuma et du sel exfoliant imbibés dans des huiles mais mon teint a bien changé »

Pour Sikavi cesser d’utiliser les produits éclaircissants pourrait faire revenir les tâches et les boutons. Utiliser des produits non éclaircissants pour traiter ses problèmes de peau, elle n’y songe pas.

Un peu de business

La jeune Sikavi est passée à la vitesse supérieure et commence maintenant à tirer profit de ces produits, en créant une petite affaire autour : « A force d’utiliser les gens me demandent ce que j’utilise. Je profite donc pour en commercialiser. Je prends en gros à Lomé et je vends au Bénin. »

Les proches le remarquent

La famille se rend bien compte des changements opérés sur l’apparence de leur fille ou femme : « Mon mari parle quand j’en fait de trop. J’arrête mais une semaine après, je reprends. »

Il lui arrive même de me dire : « Je n’ai pas épouser une femme claire ».

Du côté de ma mère, elle a perdu la vue donc elle ne le voit pas. Parfois, maman me dit qu’on lui a dit que je n’ai plus mon beau teint noir.

Mon père me voit maquiller donc il ne comprend pas bien sauf en un temps de deuil, où il a remarqué que j’ai éclairci.

En fin de compte Sikavi finit par se dire que les boutons étaient peut-être liés à un problème hormonal. Car elle les a constatés suite à des injections.

Aujourd’hui, la jeune dame n’a pas arrêté la pratique mais elle promet de rester modérée et ne pas dépasser les bornes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici