Le gouvernement togolais cède des parts de plusieurs grandes sociétés d’Etat à des étrangers, ces dernières années. C’est le cas de l’Office Togolais des Phosphates (OTP) devenu SNPT, de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), précédemment SOTOCO et de plusieurs autres structures. La plus récente privatisation est celle de la Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI).

Que dit la presse nationale de la décision du gouvernement de laisser la principale banque du pays aux mains du Burkinabè IB Holding ?

La revue de presse hebdomadaire y répond. Elle est proposée en deux (2) versions.

La version audio est présentée par Andréa Magnim.

La version audio de la revue de presse

Privatisation de la BTCI : Togo Matin donne « Les raisons pour lesquelles l’Etat togolais n’a pas tort » … La décision du gouvernement de céder une partie de ses actions dans le capital social de la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie est critiquée par une partie de la classe politique togolaise et certains citoyens… Qu’est ce qui motive réellement cette décision ?

La décision ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas unilatérale (soutien le quotidien). Avant de procéder à cette action, des experts ont été consulté. L’idée de privatisation de la banque est même soutenue par le Fonds monétaire international (FMI), qui assure que la décision va favoriser la viabilité à long terme de cette banque, et évitera de peser sur les finances publiques.

Pas de cet avis, L’Echiquier titre : « Histoire d’un pillage à l’ombre de l’Etat RPT-UNIR » …

En filigrane de la privatisation pathétique de ce qui était le joyau du secteur bancaire togolais, se lit l’histoire de la disparition des sociétés comme l’Office Togolais des Phosphates (OTP), et la Société togolaise de coton (SOTOCO), et surtout celle sous-jacente d’un système de pillage grossier organisé par des directeurs généraux et les conseils d’administration, avec la complaisance voire la complicité des hautes autorités de l’Etat RPT-UNIR, et un démantèlement de l’économie nationale, en faveur de l’étranger, sous couvert d’un libéralisme sauvage, qui ne dit pas son nom.

 « Un mal nécessaire » s’exclame Chronique de la Semaine… faisant face depuis certaines années à une gestion financière calamiteuse de cette banque, le gouvernement dépassé par les dettes causées par cet état de fait, n’avait plus d’autres issues que d’opter contre son gré, pour la privatisation de la BTCI.

Cette décision (écrit le journal), sécurise l’institution contre sa disparition et protège également la population, puisque les déficits engendrés par cette mauvaise gestion sont recapitalisés par l’argent du contribuable.

L’Alternative relève « Les zones d’ombre d’une opération aux allures d’un montage financier » … la BTCI privatisée. Ouf, devrait-on pousser normalement en apprenant la nouvelle, pour qui connait l’état de santé de cette banque complètement dépiécée par la voracité des prévaricateurs de la République.

Dieu seul sait ce que cette privatisation pourrait rapporter aux caisses de l’Etat. Mais les nombreuses zones d’ombre qui entourent le processus interpellent, et empêchent de jubiler.

A la une du numéro 3447 de Liberté : « Vague d’indignation autour d’une privatisation aux contours flous ».

Le quotidien pointe : « Grâce à un tour de passe-passe grotesquement monté, la BTCI est retombée dans les mains de la minorité pilleuse » … Cette privatisation on le sait bien, n’enchante nullement les Togolais qui assistent jour après jour, à la cession à des investisseurs étrangers des entreprises nationales.

Mais le plus inquiétant (déplore Liberté), c’est que ces opérations se déroulent dans des conditions qui suscitent de nombreuses interrogations.

Privatisation à outrance des sociétés d’Etat : « Panacée ou fuite en avant ? » s’interroge Canal D… De plus en plus de Togolais sont persuadés que la stratégie de privatisation, dans son déploiement excessif qu’on observe, relève beaucoup plus du désir de cacher certaines magouilles cautionnées jusqu’aux plus hautes sphères de la république, plutôt que celui de dégager de meilleures retombées de ces sociétés privatisées.

Enfin, Fraternité ironise : Après NSCT, BTCI… « Bientôt la privatisation du gouvernement ? » … Dans de pareilles circonstances, (soupire la publication) cela ne constituerait point une surprise si, du jour au lendemain, Faure Gnassingbé et son gouvernement, spécialistes de colmatage, privatisent également l’Exécutif national.

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