Tel le célèbre article « J’accuse… ! » de Zola sur l’affaire Dreyfus, Abdoulaye Yaya accuse ses collègues dans un discours remarquable et très remarqué d’ailleurs, sur l’état des lieux de la justice togolaise. Depuis sa sortie fin août sur le fonctionnement du troisième pouvoir, les journaux du pays ne cessent d’analyser les mots du président de la cour suprême.

Le discours est certes bien accueilli, mais quel sera son effet sur le justiciable ?

La revue de presse hebdomadaire vous est proposée en deux versions.

La version audio est présentée par Marius Attor !

La version audio de la revue de presse

« Abdoulaye Yaya relève les imperfections des juges indélicats » (lance Le Dialogue) … Dans un réquisitoire croustillant qui continue de faire des vagues dans l’opinion nationale, le président de la cour suprême a peint sans langue de bois, la justice togolaise qui se trouve dans une posture contestable.

A la une du journal Le Libéral : « Litiges fonciers au Togo : Abdoulaye Yaya dénonce le mauvais rôle joué par des magistrats véreux » … Depuis plusieurs années maintenant, les litiges fonciers au Togo sont devenus monnaies courantes à la justice togolaise.

Plus de 75% des dossiers pendant devant les tribunaux sont fonciers selon la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR). Des conflits qui, selon plusieurs compatriotes anonymes ou autorités, naissent de l’indélicatesse des magistrats, juges, huissiers, avocats et autres auxiliaires de la justice.

« Le président de la cour suprême Abdoulaye Yaya dénonce les tares de la justice togolaise et promet d’y remédier » (énonce TogoRéveil) …. Le journal cite cet extrait du rapport sur l’état des lieux de la justice : « l’effroi, le doute et le discrédit sont les trois éléments qui dépeignent la justice actuellement au Togo. Le juge qui est gourmand et cupide n’a pas sa place dans la magistrature… »

« Morceaux choisis des coups de gueule, piques, punchlines… » (titre Forum de la semaine) … « Il peut arriver même que des prisonnières soient enceintées par les juges, au train où ça va là » (cite le quotidien).

« Abdoulaye Yaya crève l’abcès : L’heure du grand ménage ? » (Se demande Le Bâtisseur) … Une heure trente minutes environ d’exposé, suivi de quarante-cinq minutes de questions-réponses… (chronomètre le journal).

De la lenteur à la cupidité des magistrats en passant par le problème du foncier, le phénomène des démarcheurs judiciaires, des gros bras, Abdoulaye Yaya n’a rien occulté… Salves, coups de gueule, uppercuts, punchlines, réquisitoires… Tous ces termes sont bons pour apprécier cette sortie peu ordinaire.

Il n’a pas raté ses collègues, mais alors là, pas du tout !

Maintenant, « L’opinion attend des actes concrets de la part du juge Yaya » (observe Togo Matin) … Beaucoup d’analystes pensent que le successeur du juge Akakpovi Gamatho est arrivé tard dans un monde déjà trop vieux… Abdoulaye Yaya a lui-même donné l’impression la dernière fois de vouloir mener une véritable croisade contre les ennemis de la justice togolaise.

« Abdoulaye Yaya et les 7 péchés capitaux de la justice togolaise » (écrit pour sa part Le Medium) …  Le président du CSM n’y est pas allé par quatre chemins : gourmandise, cupidité, racket… Bref, les sept (7) péchés capitaux révélés dans la bible.

« Le coup de gueule d’Abdoulaye Yaya ne suffit pas » (s’exclame La dépêche) … Le journal estime que Abdoulaye Yaya devrait aller au front pour mettre fin à la corruption qui gangrène cette corporation. C’est la justice qui est le soubassement de la démocratie.

Dans son éditorial, Flambeau des démocrates sent « Les puanteurs de notre justice » … Le pouvoir de l’argent reste le faible du juge ou magistrat togolais, seul le puissant et le riche passent, pendant que le faible et le pauvre trépassent.

Le Canard indépendant se penche sur « Ces (autres) plaies occultées par Abdoulaye Yaya » … Dépendance et instrumentalisation de la justice à des fins politiques : Abdoulaye Yaya n’en a pas parlé lors de cette sortie.

Etat-ce fait sciemment ? On ne saurait le dire. Mais une chose est sure, l’indépendance de la justice est une illusion et son instrumentalisation à des fins politiques constitue une de ces grandes plaies, à côté des maux relevés.

« Les tartufferies du juge Abdoulaye Yaya » (pointe L’Echiquier) … Abus sexuels sur prisonnières, rapacité dans les affaires du foncier, corruption des juges par des hommes d’affaires, racket voire rançonnage des justiciables, tripatouillage des décisions de justice, et tutti quanti, donne plutôt de la justice l’image d’une jungle voire d’une junte, où les magistrats togolais n’auraient rien à envier au saigneurs (du verbe saigner) de la guerre civile libérienne.

Puis, « Abdoulaye Yaya serait un héros s’il passait à l’étape supérieure » (souligne Chronique de la Semaine) … En effet, pour la population, l’heure actuelle ne devrait plus être celle de la dénonciation, mais plutôt des sanctions et des actes forts à l’encontre des fossoyeurs de la justice togolaise.

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